Je crois que ça ne changera jamais. Mais c'est intéressant que tu montre une femme faisant une "gâterie" à son mari pour illustrer. Ca passe aussi par la sexualité la domination...
A force d'être sensibilisé sur tous les maux dont souffre la race dégénérée dont je suis l'un des représentant, j'ai finis par accepter le fait d'être un gros connard machiste et intolérant. J'en ai marre de ce monde de merde qui veut me persuader que tous les malheurs du monde reposent sur mes épaules.
Combien de films, de bouquins et de débats foireux faudra-t-il encore avant que les gens ne sombrent définitivement dans la névrose suicidaire totale ?
La fellation est un acte sexuel qui peut se pratiquer autrement qu'à genou au pied du mec. Qu'est-ce qui est donc machiste : la fellation elle-même ou la position de la fellation
C'est une réflexion classique que tu fais, mais elle me semble peu adaptée. La question n'est pas de savoir s'il y a des femmes "odieuses" et des hommes itou.
La domination est un système, ce qui est fort différent d'un simple mauvais caractère, ou même d'un esprit carrément malfaisant. La critique du patriarcat, de la domination masculine n'est pas une critique façon "gentilles femmes contre méchants hommes", même si intuitivement on a tendance à polariser la question ainsi.
Par exemple, il peut y avoir des femmes qui servent plus la domination masculine que certains hommes. C'est d'ailleurs souvent un argument travesti pour détourner les dominants de leur responsabilité.
Des gens mal tournés, oui, il y en aura toujours. Un système, une organisation sociale, ça ça ne tient qu'à ceux et celles qui s'organisent...
Je n'ai pas vu le film, mais j'ai lu le livre de Bourdieu...
Très instructif, niveau sociologique bien sûr, mais aussi pour justement sortir des lieux communs. On découvre par exemple à la lecture que les hommes aussi sont victimes de la domination masculine, par exemple car ils doivent "rentrer" dans un cadre défini comme représentatif de leur genre, sous peine d'être exclus.
Très, très intéressant.
On peut analyser la domination masculine tout en restant... antisexiste ;)
Je ne suis pas sûr du tout d'avoir envie de voir le film d'un auteur qui ose écrire sur son blog "Inutile de préciser que l'instinct maternel n'a jamais existé et qu'il est une invention culturelle de l'après XVIIIème" en passant commodément à la trappe les deux derniers millions d'années d'histoire des primates en particulier voire des mammifères en général. Et encore, je pourrais remonter nettement plus loin.
Mais il doit faire partie de ce groupe, hommes et femmes confondus, qui nie l'animalité qui est en nous. Elle est parfois positive, parfois outrageusement négative, mais c'est comme ça, nous sommes des animaux (et certains plus que d'autres hein ?).
Quelque soit la justesse de son propos et la violence des attaques subies par cette personne en raison de son film ou ses prises de position, et je viens de passer un moment à lire son blog et plein d'autres trucs, il se déconsidère franchement par certains propos de son blog.
Lire ou relire "Le Singe Nu" de Desmond Morris est toujours une bonne chose quand on cherche à comprendre l'être humain.
Le discours de la servitude volontaire de La Boétie est un texte qui pose la question de la légitimité d'une autorité sur une population, quelle qu'elle soit. La citation que j'ai choisie ici incrimine une dynamique politique et sociale, et surtout, les deux parties, le tyran soumettant le serf autant que le serf se soumettant volontairement au tyran... Les tyrans sont les règles, à genoux sont ceux qui les servent, hommes ou femmes.
Daniel : Le Singe Nu, je l'ai lu, c'est un essai intéressant. Mais les arguments se fondant sur l'animalité et des règles biologiques naturelles pour légitimer un comportement humain ou toute forme d'oppression d'une communauté sur une autre sont à la base même du discours masculiniste... et à la base des théories racistes d'ailleurs. Consternant.
Aux gars qui se sentent attaqués, notamment le fort désagréable brotch : le film et le féminisme en général dénoncent un système fondé sur la domination des hommes par les femmes. Il ne dit pas "les hommes sont tous des salauds". Beaucoup d'hommes applaudissent devant la lutte féministe parce qu'ils la trouvent juste, et eux ne se sentent pas visés pour la simple raison qu'ils ne se reconnaissent pas dans les comportements misogynes et dominateurs. Si vous vous sentez visés, interrogez-vous.
Mazette ces cheveux... Cette fourrure sur la capuche... C'est beau. :')
Sinon pour me centrer sur le sujet. Je pense que le thème est biaisé.
Oui il y a un certain problème de sexisme dans pas mal de cas. Est-ce normal qu'une jeune fille ne puisse se promener dans la rue seule alors qu'un garçon n'aurait pas de problème? non.
Est-ce normal que la plupart des tâches ménagères soient assurées par la femme? Pas forcément non plus.
Doit-on y voir pour autant une "Domination" ? Le mot est fort quand même. Il ne s'emploie pas à la légère... Et ce n'est pas parce que certaines de nos élites ne savent plus parler que nous devons en faire autant.
D'ailleurs, cette "domination" est-elle exclusivement anti-féminine?
Si il y a une tentative de réponse à ces questions en parallèle du thème principal, alors il est certain que j'irais voir ce film. Malheureusement j'en doute fort... :-/ (pas de voir le film, mais plutôt qu'ils essayent de répondre aux questions)
D'après ce que j'en vois au dessus vous parlez tout autant de la domination élite / peuple que homme /femme. Pourtant n'est-ce pas deux dominations différentes? De même, pourquoi ne pas aborder dans ce cas la domination groupe / individu?
Il n'y a rien d'agressif là dedans rassurez vous. J'aimerais juste pointer du doigt quelques incohérences.
Sinon je suis ouvert au débat sur ce sujet, ma foi très intéressant. :)
Mais attendez... j'ai raté un truc ou c'est justement le groupe dominant (vous savez mâle/blanc/éduqué/cadre supérieur/etc..) dans ce pays qui domine... précisément parce qu'il est le plus fort. C'est dans la nature animal de chercher a dominer. Connaissez-vous une personne qui ne le souhaite?
Or donc en écho aux propos de Daniel et en réponse à Esther je dirais qu'il n'est pas question de légitimer quoique ce soit en signalant l'origine d'un comportement. Juste de le comprendre. Penser que l'humanité s'affranchira un jour de se qui la compose... belle utopie.
Au moins nous savons pourquoi nous sommes misanthropes.
Daniel > Heu... Pourtant, c'est un fait : jadis, les femmes fortunées n'avaient aucune gène à laisser des nourrices élever leurs enfants, et plus généralement, le taux de mortalité infantile ne laissait guère de place aux sentiments.
Et s'il est vrai que les humains (contrairement aux autres espèces) ont tendance à s'extasier devant les bébés, tous les bébés, même d'autres espèces, ce n'est absolument pas spécifique au genre féminin...
Merci de signaler ce film, je suis curieux de le voir.
Le sujet est fort, je viens d’une famille de macho, je une petite idée de ce que ça peu donner.
C’est idiot ce que je dis, on voit tous, tous les jours ce que ça donne…
Malheureusement.
Je ne saurais trop en parler, juste faire changer les choses au quotidien.
C’est un truc bête le quotidien, pourtant c’est souvent lui qui gagne.
La domination est un concept en sociologie, en fait il est étudié depuis pratiquement l'origine de cette discipline. Mais peut-être les sociologues ne savent ni parler, ni écrire :)
Dominations différentes, peut-être, c'est pour cela qu'il y a un qualificatif : "masculine".
> Daniel Glazman
S'intéresser à la primatologie pour éclairer certains comportements humains, pourquoi pas. Mais il ne faut pas oublier que chez les primates on peut trouver des dispositions fort différentes quant à cet "instinct maternel" de même que des disposition du géniteur à s'investir dans le soin apporté aux petits.
Quelle part occupe "notre animalité instinctive" dans nos comportement, et surtout, nos choix ? Car l'être humain, avec un cortex bien développé, avec ses capacités d'inhibition, de représentation, de recul par rapport à ses actions peut réfléchir sur cet "instinct". A moins de le voir comme une réalité biologique indépassable (alors même qu'on trouve très naturel de s'affranchir du "biologique" dans d'autres domaines, ne serait-ce qu'en prenant un médicament quand on est malade).
Le recours à des considérations sur l'animalité, le sauvage, ou même notre évolution humaine (ha cette meute des cavernes menée par un homme bien fort et bien viril !) me laisse perplexe. J'y vois plutôt une vision fantasmée d'un lieu où l'homme moderne, un brin frustré, retrouverait sa pleine puissance de mâle. Ne pas oublier que les représentations que l'on a de cette "animalité" cadre bien souvent avec notre système de représentation dominant.
Je trouve hautement informatif de voir comment se comportent d'autres humains pour tirer des conclusions sur l'humain, plutôt que m'inspirer de mes amis à fourrure (sans rejeter cette approche non plus). Il m'est plus facile d'accepter les conclusions de l'anthropologie, la psychologie, la sociologie, que des extrapolations éthologiques. En voyant des femmes taïwanaises se séparer sans difficulté aucune de leur progéniture (féminine d'ailleurs :) ), la remise en cause de "l'instinct maternel" me semble tout à fait envisageable.
Une bonne idée de sensibiliser tes lecteurs à la sortie de ce film. J'en entends parler depuis un moment, mais maintenant, je vais vraiment y penser...
La citation de la Boétie est fabuleuse, merci!
Si l'instinct maternel existe c'est quoi sa définition exacte? rester à la maison s'occuper des enfants? savoir mettre une couche de manière innée? savoir allaiter son bébé? faire la vaisselle?
La notion d'instinct maternel contribue à justifier une différenciation entre les hommes et les femmes qui cache une volonté plus ou moins affirmée de différencier leurs rôles respectifs au sein de la société, leurs prérogatives et par conséquent leurs droits.
J'ai du mal à cerner votre réponse. Est-elle agressive ou est-ce une simple boutade? Vous êtes sociologue?
Sinon je m'interrogeais justement de l'utilité d'étudier un phénomène local alors que peut-être que la source de ce phénomène se trouve ailleurs, dans les autres dominations que l'on peut rencontrer dans la société. Mais puisque nous en sommes à la domination strictement masculine, gardons la. :)
D'ailleurs, une domination d'un homme sur un ou plusieurs autres, c'est bien de la domination masculine aussi non?
Prenons un exemple courant. Dans un groupe de lycéen, les types de caractères sont très typés. Ceux qui ne rentrent pas dans ce moule sont exclu. Je vous fait pas l détail, tout le monde est passé par là. La domination masculine est certaine. Cependant, est-ce les (jeunes) hommes qui ont mis en place ce modèle? Rien n'est moins sûr... J'aurais envie de dire qu'il s'agit d'imitation mais je ne vois pas où est la source. Les séries américaines?
Que dit le sociologue de tout ça? :-p
HC > Vous devriez avoir honte! Étant donné le temps que passe esther sur chacun de ses dessins (œuvres ais-je failli dire), la moindre des choses est de savourer le moindre détail! ;-) (ceci, dit sans animosité aucune)
J'ai quand même l'impression que les mentalités évoluent.
Les gars de ma génération (j'ai 25 ans) ne sont pas machos. Ou alors j'ai bien choisi. Ou on le devient en vieillissant.
Quand à l'éternelle histoire des tâches ménagères, ça a tendance à s'estomper. A mon avis ça vient du fait que durant quelques générations, l'Homme-Valeureux-et-Fort travaillait dur pour nourrir sa famille pendant que la femme restait à la maison pour s'occuper des gosses, faire à manger, s'occuper des tâches ménagère etc.
Rien de plus normal, puisqu'elle ne "travaillait" pas. ---> et les gens qui prétendent ça n'ont clairement jamais géré une maison, un repas et des enfants...
Bref, c'est un cas beaucoup moins courant de nos jours, les femmes gardent leur boulot, ce qui permet de gommer cette inégalité. Et de dispatcher les tâches ménagères.
> Ringard: Apparemment l'instinct maternel serait un amour immodéré pour sa progéniture.J'allais répondre différemment jusqu'à tomber sur ça: http://www.mamanpourlavie.com/gross...
Rien en rapport avec la vaisselle donc ;-)
> giz404: Comme tu dis les mentalités évoluent.
Selon les âges il y aura surement plus ou moins de "machos". Mais je devine que par domination masculine les auteurs du films entendent aussi certains actes fait mécaniquement par des personnes qui se considèrent non-machos. Après il faut voir ce qu'ils entendent exactement par domination masculine comme j'ai dit plus haut. Et je pense que ça va plus loin que le simple machisme.
Tiens un exemple simple: les familles pratiquantes (quelque soit la religion), respectent les règles édictées par leurs dogmes. Et dans ces règles, une domination masculine est souvent de rigueur (plus ou moins prononcée ceci dit). Pourtant elles ne se considèrent pas comme machistes du tout! Je connais une jeune juive qui est persuadé que laisser son frère faire la vaisselle est dégradant pour toute la famille! (sa famille proche n'est pas pratiquante pourtant, juste sa grand mère)
Pour revenir à ce que vous disiez sur le travail des femmes, malheureusement pour ce que j'en vois il a plus tendance à s'ajouter sur la liste de choses à faire que de participer à une quelconque émancipation...
@esther : Sublime illustration comme à votre habitude. J'aime particulièrement (le / votre) visage, surtout les cheveux, les yeux et les lunettes.
@brotch : Au risque d'être traité de "fort désagréable", j'oserai dire que vous résumez peu ou prou ma pensée. J'ai toujours été un peu (non, je mens... "beaucoup" est plus adapté) blessé par certains types de feminismes qui rendent les hommes responsables de tous les maux de la planète. Je ne connais ni le film ni le livre en question, donc ma remarque reste d'ordre général.
De plus, je dois bien avouer que je ne connais pas grand chose au mouvement féministe. Toutefois, je me demande parfois si certaines actions particulièrement agressives ne font pas plus de mal que de bien... Parfois j'ai l'impression que le feminisme occidental se résume à une revendication pour le pouvoir, l'argent, bref, pour la domination... en oubliant ce qu'il se passe en Afrique ou au Moyen-orient.
@Capitaine Flam : Je ne pense pas que les "machos" (un mot fourre-tout que j'utilise faute de mieux) se sentent très concernés. Ce sont au contraire les personnes les plus sensibles qui se sentent accusées et blessés. Pour peu qu'elles me ressemblent, elles finiront peu sûres d'elles-mêmes, timides, completement invisibles et portant sur leurs épaules la culpabilité d'être nées males...
Comme j'ai développé au fil des années un certaine cynisme, associé à un pessimisme de naissance, il m'arrive d'entrevoir un monde ou les hommes sensibles et fragiles seraient completement décimés de la planète. Ne resteraient alors que des brutes épaisses, caricatures parfaites du "macho"...
Beaucoup de résistance dans les commentaires, et je dois dire que je les partage. Je suis également convaincu qu'il faut se pencher du côté de mère nature pour expliquer (en grande partie) ce comportement de domination masculine. Comment se fait-il, par exemple, que la quasi-totalité des civilisations humaines soient ou aient été patriarcales, et ce sans s'influencer les une des autres à l'origine ? Peut être par ce que c'est en nous, dès le départ. L'origine du comportement est peut être bien codé au niveau biologique ; l'évolution des mœurs semble elle bien située au niveau sociologique.
Mais que l'on soit bien d'accord, comme le souligne kodama, je ne cherche pas à justifier ce comportement mais à réfléchir sur son origine. Je partage aussi l'avis de giz404 ; j'ai l'impression du haut de mes 26 ans que les choses évoluent, que le mythe de la femme qui fait la vaiselle pendant que le mari regarde le foot à la télé s'effrite. C'est encore le cas chez mes parents, certes, mais j'ai la conviction que ce masque tombe avec notre génération, et dans le sens où évolue les mentalités, ça ne sera plus qu'un vague souvenir chez la génération suivante. Un peu comme les discriminations envers les homosexuels d'ailleurs : je reste convaincu qu'elles seront marginales d'ici une génération. Du moins, j'espère ne pas me tromper. Par contre pour le racisme, je crains qu'une inertie latente n'arrange pas les choses aussi vite...
Mais là je divague grave. Je souhaite juste terminer par ceci : tu as l'air extrémement emballée par le film, mais c'est un peu risqué que de le conseiller sans retenu ainsi. Après tout, il ne sort que demain, donc il y a de bonnes chances que tu ne l'ai pas encore vu. Comment peux-tu être si sûr qu'il te plaira au point de le recommander ?
Ma réponse, agressive, certainement pas. Malicieuse, sûrement, je trouvais amusant de voir taxer d'approximation l'emploi du mot "domination" dans le titre d'un film qui reprend celui d'un livre d'un sociologue bien connu pour avoir travaillé sur la "domination".
"La domination d'un homme sur d'autres hommes n'est-elle pas de la domination masculine ?"
Question intéressante. Pour clarifier il faut comprendre qu'on désigne ainsi la domination d'un groupe social sur un autre. Donc si on dit "masculine" c'est en référence au sexe. Le fait est que certes un homme qui occupera une place de "chef" dominera d'autres hommes, mais par exemple on pourra constater que rares seront les cas où c'est une femme qui occupera ce rôle. Il y a donc quelque chose de spécifique qui tient au sexe. Certains mettent en cause le patriarcat, qui ne se cantonnerait pas effectivement à contraindre seulement les rapports entre les sexes, mais aussi des hommes entre eux.
Dire que la domination "masculine" est un phénomène seulement local et qu'il y a plus universel à s'occuper est une critique que j'ai déjà entendue. Tout de même, c'est un problème qui concerne les rapports entre la moitié de l'humanité et l'autre moitié, c'est assez vaste pour du "local". Pas négligeable, et surtout transversal : si on considère d'autres axes de domination (richesse, "race", savoir, etc.) on constate que les mêmes mécanismes de dominations entre hommes et femmes se retrouvent tant chez les riches que chez les pauvres par exemple. Ce n'est pas parce qu'on va - autre exemple - éliminer le racisme que l'inégalité entre hommes et femmes sera résolue également. En d'autres termes, les systèmes de domination ne sont pas colinéaires. Il y a donc quelque chose de très spécifique où l'intervention doit donc être non moins spécifique.
Alors bien sûr il faut être attentif. Par exemple, il y a des féministes pour qui le combat pour l'émancipation des femmes dépasse tout autre considération et toute autre lutte pour l'émancipation. En général c'est des féministes d'une classe sociale aisée qui tiennent ce discours. Tu as d'autres féministes (et cela, dès les premiers temps du féminisme) qui reprochent aux premières d'être des féministes "bourgeoises" et de défendre en fait leur position de femmes privilégiées, dont le point de vue ne correspond pas à la réalité des femmes d'une classe sociale moins aisée. Et là c'est vrai que ça devient compliqué.
Mais cela ne change rien aux faits et à la réalité de la domination masculine, s'en rendre compte, c'est juste le point de départ.
Je ne connais pas bien les mouvements féministes occidentaux, même si je pense aussi que certaines féministes peuvent être parfois très agressives (et c'est un tort). Mais il reste quand même beaucoup à faire en Occident, même si les comportements évoluent. Quoi qu'on en dise, quand on regarde les statistiques (malheureusement, j'ai perdu la source, donc c'est à prendre tel quel), les femmes assument encore la majorité des tâches ménagères et de l'éducation des enfants, quand les pères s'impliquent, il s'agit davantage des activités récréatives ou stimulantes, telles que le jeu, la lecture, le bain, etc. Et les fameux plafonds de verres qui font que les femmes restent moins payées que les hommes à travail et expérience égales, ou qui empêchent les femmes d'accéder à l'avancement, sont des réalités.
Atyde > Pour ce qui est du Moyen-Orient, sachez que les femmes musulmanes savent très bien se défendre ;) On s'imagine souvent qu'elles sont soumises et craintives, à tort. Le féminisme musulman est un mouvement très intéressant, qui vise à la discussion avec les élites masculines plutôt qu'à la confrontation.
Domination n'est pas tyrannie. La tyrannie, c'est la domination illégitime et imposée.
La servitude volontaire, c'est le principe même de la liberté : choisir ses contraintes, choisir ses maitres.
Il paraitrait même qu'on élise des représentants qui nous... gouvernent, que nos rapports d'autorité dans le travail sont... hiérarchisés, bref que même les hommes se soumettent entre eux pour organiser la société. Et que la plupart des femmes (même actives) continuent d'assumer les 3/4 des tâches ménagères et éducatives sans que personne ne leur mettent un pistolet sur la tempe.. Dingue !
FG > J'imagine que tu conclus que "Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes".
Tu décris à la perfection la servitude volontaire, et cautionne entièrement le principe de hiérarchie impliquant la domination d'êtres humains par d'autres. Appeler ça de la liberté est un leurre, pour moi c'est une façon rassurante de se pardonner de ne pas avoir le courage d'être libre.
D'autant que, dans le concept de domination masculine selon Bourdieu, un mécanisme essentiel de la domination est simplement l'intégration par le groupe dominé des valeurs du groupe dominant. Ainsi, la domination devient invisible, naturelle.
Il n'y a aucun choix ou réel consentement là dedans vu que le choix n'apparait précisément pas : ainsi sont les choses.
T'as pas l'air de réaliser qu'on vit dans un état de droit qui se soumet à un certains nombre de normes hiérarchisées et votées par le parlement, c'est à dire... toi, entre autre.
Et à l'échelle individuelle, tu te soumets à ta propre morale qui t'impose en toute conscience un certain nombre de choix.
Par exemple j'imagine que tu dis bonjour aux personnes que tu ne connais pas, que tu t'efforces de ne pas te laisser aller à des préjugés, que tu essayes de te comporter de manière réfléchie et sensée. Le tout, même quand tu n'as que le désir d'envoyer chier tout le monde parce que tu t'es levé du pied gauche.
Bref tu n'es pas un animal qui se laisse aller à des pulsions arbitraires.
Quant à La Boétie, il serait bien de remettre son texte dans le contexte de l'histoire de son temps.
Pour ma part l'égalité homme/femme est une chimère! Hommes et femmes sont si différents, il n'y a peut-être que des différences, que parler d'égalité est une grosse erreur de langage!! Prôner l'équivalence, dans le monde professionnel par exemple, serait plus juste, pour le reste chercher la complémentarité de l'un envers l'autre!!!
Pour mon vécu, je suis père au foyer depuis deux ans. Les enfants et le ménage c'est pour moi, et pour beaucoup d'hommes, les vrais les durs, je suis une gonzesse (ou un branleur), ce qui est injuste vu comme la tache est ardue!! Sur ce, je reste passif face à ce combat parce que pas du tout concerné et mes enfants grandiront dans cet état d'esprit!! C'est toujours ça...
Oui, c'est ce que N.C. Mathieu appelle la "conscience dominée". Concept fumeux qui nie le libre arbitre et qui permet de déresponsabiliser ceux qui en sont victimes (les femmes avant tout, mais les hommes de même).
On ne comprend pas alors comment certains parviennent à y échapper alors même que la domination est systémique. Mais c'est pas grave, ça permet de rejeter toute la responsabilité sur le "dominant" sans interroger l'essence même de la domination.
FG > il n'y a pas de servitude à se conformer à sa propre morale, à ses valeurs et à ses principes. C'est tout le contraire. Si tu mets le libre-arbitre et les lois sur le même plan, tu t'égares.
Si on ne comprends pas comme "certains" peuvent y échapper, c'est qu'on a rien compris à ce qu'est la sociologie et quelle est sa perspective.
La sociologie ne saurait parler de "certains", à moins de parler de la classe des certains :) La psychologie le pourrait, à la rigueur.
Il n'est pas question de déresponsabiliser ou pas, il est question là d'expliciter un mécanisme social, voire psycho-social, la responsabilité c'est autre chose.
L'idée n'est pas de rejeter le libre arbitre, mais celui-ci n'apparait pas deus ex machina. Il s'exprime dans un environnement qui a ses contraintes, qui portent notamment sur l'individu.
Ignorer ces mécanismes, c'est au contraire limiter ses capacités d'action, d'intervention, d'exercice du libre arbitre.
Explique moi donc ce qui t'empêche parfois de faire ce que tu veux ? Comme insulter ou mettre ton poing à la gueule de qqun si ce n'est que tu te soumets à un certain nombre de principes.
Il arrive même que tu fasses passer le bien commun avant ta morale individuelle. Par exemple défendre le droit à l'avortement tout en étant opposer à l'avortement.
Tu soumets alors ta morale individuelle à une norme que tu estimes, en toute conscience, supérieure.
Tu agis dans un système de valeurs hiérarchisées. Tu choisis tes lois, tu choisis tes maitres, tu es un homme libre. En tout cas, tu essayes.
Le libre arbitre c'est pas chier dans les bégonias c'est choisir sa ligne de conduite avec les règles afférentes.
FG > Tu me fatigues à me prendre pour un imbécile et c'est la dernière fois que je te réponds. En tant qu'être humain libre, j'ai du jugement et de la compassion, la conscience de moi-même et d'autrui, ce qui me permet de faire suffisamment la différence entre le bien et le mal pour me retenir de frapper mes petits camarades sans que quoi que ce soit de supérieur ou d'extérieur me l'impose. Si je prends autrui en compte, c'est toujours ma liberté qui s'exerce.
Agir selon ses pulsions sans réfléchir, cela revient à agir comme un animal. Cela n'a rien à voir avec la liberté puisque le libre-arbitre nous distingue de l'animal.
Je pense que tu es passé à côté de la question de servitude volontaire dès le départ, qui concerne bien la soumission à un ou des êtres humains, et non à des valeurs.
@ Je n'ignore pas la force du système et la domination masculine (c'est un fait). Mais je n'accorde pas la même 'importance à cette domination systémique à laquelle seuls 3 initiés, du très haut de leur chaire universitaire, parviendraient à échapper mais pas le vulgum pecus.
Et bien entendu que cette petite inquisition cherche finalement à désigner les coupables qui sont les dominants. Je te renvois à NC Mathieu qui développe son idée de conscience dominée en réaction au dominant "qui rejette, de fait, une fois de plus, la culpabilité sur l'opprimée". Il apparait clairement que l'opprimée ne peut pas, à ses yeux, être responsable même en partie de sa condition, en posant d'emblée, par la grâce du saint système, qu'elle est dominée à son insu et qu'elle ne peut échapper à son destin.
Logique qui conduit tout naturellement aux politiques de compensations avec les quotas. C'est dingue de voir ça alors qu'en France les femmes partagent exactement les mêmes droits que les hommes..
Tu ne vois pas à quel point cette histoire de domination systémique se mort la queue. On reproche un sexualisation systémisée des rôles sociaux via l'éducation (les tites filles en rose, infirmière, compatissante et sages d'un coté et les tis garçons en bleus, actifs et pulsionnels de l'autre). Or qui s'occupe de l'éducation des bambins ? Les femmes...
Non seulement, elles sont incapables de refuser la quasi intégralité de la charge du travail ménager et éducatif mais en plus, quand elles l'acceptent, elles perpétuent le modèle aliénant. C'est à se flinguer franchement.
"C'est parce que leur conscience est dominée" qu'on nous dit, c'est pas de leur faute, c'est un peu des enfants quoi, elles se rendent pas compte ! Elles sont trop opprimées !
Va dire aux birmans ou aux zimbabwéens que nos femmes sont opprimées. Ca les fera marrer un coup.
Mais ouiii, il est évident que seules des femmes peuvent élever des enfants car, elles seules possède l'instinct maternelle, celui de la louve qui prend soin de ses petits, ou de la femelle hippopotame qui tue des crocodiles pour protéger sa progéniture.
Il est donc normal que ça continue comme ça. Surtout que, c'est bien connu, toutes, vraiment toutes les femmes ont ça dans le sang... puisqu'on vous le dit. http://failblog.org/2009/11/24/pare...
@ capitaine flam : "Je pense que tu es passé à côté de la question de servitude volontaire dès le départ, qui concerne bien la soumission à un ou des êtres humains, et non à des valeurs."
Dans une démocratie les deux sont liées.
Dans une démocratie, tu te soumets librement à des êtres humains tous les jours au nom de valeurs que tu partages (avec ces mêmes êtres humains) et défends en toute conscience. Par exemple, tu te soumets à l'autorité de tes profs à l'université, tu te soumets à leur pouvoir de te sanctionner. Sanction qui peut se solder par un redoublement que j'imagine tu ne désires pas, mais tu t'y soumets parce que tu acceptes les valeurs de la méritocratie.
Dans un système fasciste ta soumission n'est pas volontaire, elle t'es imposée au nom de valeurs auxquelles tu n'accordes aucune légitimité. Là est toute la différence.
Il paraitrait que la France n'est pas une dictature.
Effectivement, ne me réponds pas. Réfléchis, juste.
> Cercamon
<< je trouvais amusant de voir taxer d'approximation l'emploi du mot "domination" dans le titre d'un film qui reprend celui d'un livre d'un sociologue bien connu pour avoir travaillé sur la "domination". >>
Certes. Expliqué ainsi je comprends mieux. Je pense que ça vient plutôt du fait que nous n'avons pas les mêmes lectures. ;-)
Personnellement ce que j'ai lu se rapprochant le plus de la sociologie devaient être les écrits de Hari Seldon... Psychohistoire... Fondation... Asimov.
Non, plus sérieusement j'ai bien lu du Meirieux mais ce n'est pas le sujet abordé en général. Tout le monde n'as pas la chance d'avoir fait des études en sociologie quand même!
A moins que vous n'acceptiez une certaine domination des sociologues par rapport au commun des mortels dans le débat?
Enfin je m'égare...
Ce que vous développez sur les systèmes de domination non colinéaires est très intéressant. Vous dites aussi qu'on retrouve globalement les mêmes systèmes de domination. Quels sont-ils? Pourriez vous nous indiquer des ressources?
Tiens et puisque le terme domination est si précis, je me demande aussi comment vous appelleriez le fait d'élire un (groupe de) chef(s) tout simplement parce qu'il faut une hiérarchie, aussi simple soit-elle?
Est-ce une soumission? Ou au contraire, une volonté de construire quelque chose en commun qui ne peut se faire qu'avec des dirigés et des dirigeants? (rien de politique là dedans)
FG > Je ne suis clairement pas d'accord avec vous. Dans le cadre d'une démocratie *bien faite*, en quoi est-ce de la soumission? Les représentants sont l'émanation du peuple. Ca ne va pas plus loin. (normalement)
Peut-être devriez vous définir ce qu'est la soumission pour vois. Ca devrait clarifier les choses. ;-)
Bien sûr c'est à se flinguer !
Mais si une telle situation arrive à se perpétuer avec la coopération de tous, parvenue à un équilibre, c'est bien parce que c'est bloqué, et limite inextricable (de ce point de vue).
Il n'est pas question de chercher un(e) "coupable", mais je le répète de décrire un mécanisme. De même tu opères à un glissement sémantique vers "l'oppression". La domination ici et là-bas n'est pas la même, mais il y a des mécanismes commun que l'on peut mettre à jour.
Il n'a jamais été dit que les universitaires y échappaient, et était les seuls capables d'y échapper. Leur job c'est juste d'expliciter, de formuler ces mécanismes. C'est tout.
Heureusement, la pratique (subversive) n'a pas besoin de s'embarrasser d'autant de blabla. Et nul a prétendu l'inverse.
>Mackwick
Le capital culturel est un autre axe de domination ;)
Bé je vous conseille de faire un tour sur wikipédia, doit y avoir des ressources...
Et je ne suis pas (tout à fait) sociologue ;)
@Mackwic : Je copie-colle d'un manuel d'introduction au droit.
"La loi est impérative parce que l'autorité publique impose l'observance par la contrainte si elle n'est pas exercée spontanément. A ce titre, elle revêt un caractère coercitif"
(Le lien avec le mot soumission me parait évident.)
Ce principe de la loi n'est pas incompatible avec la démocratie si le peuple reconnait la légitimité de cette loi.
Je continue le cp/cl
"Comme tous les grands pays démocratique, la France est un Etat de droit. La puissance publique -l'Etat, l'administration et les juges- comme les justiciables sont SOUMIS FORMELLEMENT à l'empire de la Règle de droit, renfermés dans l'ordre juridique. Au contraire, la devise classique de l'absolutisme, qui connut un gd succès auprès des penseurs du 16 s. voulait que le Prince fût délié du respect des lois"
Ce qui est surtout marrant chez FG, c'est qu'il arrive à lire la citation qui, placée dans le contexte où je l'ai mise, dit en clair : "Celles qui sont soumises le sont souvent volontairement, et participent par ce fait à la dynamique de domination masculine qui les opprime", et à répondre : "Mais non ! C'est faux elles se soumettent volontairement !"
Ben oui, t'es bête ou quoi ? C'est ce que je montre du doigt !
Concernant le site web du film donné en fin d'article... quelle clairvoyance, quelle objectivité. J'avais eu peur de tomber sur de la propagande ultragynocrate mais heureusement il n'en est rien.
Heureusement qu'on a Patrick Jean pour nous informer que les masculinistes soutiennent la violence conjugale et la pédophilie (entre autres bien entendu). Je viens d'apprendre que les soi-disant fausses allégations d'abus sexuel sont des inventions machistes; fichtre, moi qui pensais en avoir assez lu et entendu sur le sujet pour soupçonner un fond de vérité là-dessus.
Bon sans rire, Esther j'admire énormément ton style, j'ai ressorti le crayon après presque 4 ans après être tombé sur la Lanterne. Je suis juste amer de découvrir que tu donnes là-dedans.
Veng : Moins amer que moi devant ta bêtise. Est-il stupide de dénoncer l'extrémisme flagrant dans les propos de ces masculinistes ? Est-ce que lorsqu'on dénonce le racisme en France, on dénonce tous les blancs ? Faut-il arrêter de dénoncer les agissements du Ku Klux Klan parce que la communauté noire américaine a obtenu l'égalité des droits ?
Je n'ai pas fait le film, je suggère seulement d'aller le voir. Je pense que voir ce genre de travail demeure plus constructif que d'inviter mes lecteurs à aller voir 2012, ne t'en déplaise.
Eh oui, très en retard, je précise simplement que je dédicacerai l'album Phantasmes ce soir au Corcoran's, 53 rue du Faubourg Saint-Antoine, aux côtés de Manu XYZ, Thomas Gilbert,... Lire la suite
Commentaires
23 novembre 2009
18:22
C'est marrant, quand j'ai vu l'affiche dans la rue, j'ai pensé à toi ^^
23 novembre 2009
19:04
La domination masculine c'est insupportable. Je ne supporte pas les mecs qui traitent les femmes comme on peut le voir dans les extraits du film.
Ceci dit, ça existe aussi, les hommes gentils et prévenants. J'en ai déjà rencontré. :-)
23 novembre 2009
19:30
Pourquoi il faut aller le voir ?
23 novembre 2009
19:31
Ah interessant ! Il y a aussi des femmes odieuses ceci dit ....
23 novembre 2009
19:35
Sympa la vue plongeante sur le décolleté :)
Warf warf warf :)
23 novembre 2009
19:44
gru : Justement...
23 novembre 2009
19:54
Je crois que ça ne changera jamais. Mais c'est intéressant que tu montre une femme faisant une "gâterie" à son mari pour illustrer. Ca passe aussi par la sexualité la domination...
23 novembre 2009
20:03
A force d'être sensibilisé sur tous les maux dont souffre la race dégénérée dont je suis l'un des représentant, j'ai finis par accepter le fait d'être un gros connard machiste et intolérant. J'en ai marre de ce monde de merde qui veut me persuader que tous les malheurs du monde reposent sur mes épaules.
Combien de films, de bouquins et de débats foireux faudra-t-il encore avant que les gens ne sombrent définitivement dans la névrose suicidaire totale ?
23 novembre 2009
20:05
Derrière chaque homme qui dirige ou gouverne il y a une femme qui tire les ficelles.
23 novembre 2009
20:06
Ah ben tiens! Cet aphorisme je l'ai qussi dans la liste des miens:
http://www.zhongart.com/marcol.zhon...
23 novembre 2009
20:07
La fellation est un acte sexuel qui peut se pratiquer autrement qu'à genou au pied du mec. Qu'est-ce qui est donc machiste : la fellation elle-même ou la position de la fellation
23 novembre 2009
20:10
>Mady
C'est une réflexion classique que tu fais, mais elle me semble peu adaptée. La question n'est pas de savoir s'il y a des femmes "odieuses" et des hommes itou.
La domination est un système, ce qui est fort différent d'un simple mauvais caractère, ou même d'un esprit carrément malfaisant. La critique du patriarcat, de la domination masculine n'est pas une critique façon "gentilles femmes contre méchants hommes", même si intuitivement on a tendance à polariser la question ainsi.
Par exemple, il peut y avoir des femmes qui servent plus la domination masculine que certains hommes. C'est d'ailleurs souvent un argument travesti pour détourner les dominants de leur responsabilité.
Des gens mal tournés, oui, il y en aura toujours. Un système, une organisation sociale, ça ça ne tient qu'à ceux et celles qui s'organisent...
23 novembre 2009
20:20
Comment on appelle une moufle pour bite ??
Une boufle ??
23 novembre 2009
20:26
Je n'ai pas vu le film, mais j'ai lu le livre de Bourdieu...
Très instructif, niveau sociologique bien sûr, mais aussi pour justement sortir des lieux communs. On découvre par exemple à la lecture que les hommes aussi sont victimes de la domination masculine, par exemple car ils doivent "rentrer" dans un cadre défini comme représentatif de leur genre, sous peine d'être exclus.
Très, très intéressant.
On peut analyser la domination masculine tout en restant... antisexiste ;)
23 novembre 2009
20:42
La_dilettante : Tout à fait d'accord.
23 novembre 2009
20:52
Elle a jamais vu de couilles cette tricoteuse...^^
Qu'entends-tu par le "justement" en réponse à Gru?
23 novembre 2009
21:00
Tiens je pensais que cette phrase était attribué à Jim Larkin, syndicaliste irlandais du 19e, mais on dirait qu'il l'a reprise...
23 novembre 2009
21:06
Je ne dois pas vivre dans le même monde, dans presque tous les ménages que je connais ce sont les femmes les chefs.
23 novembre 2009
21:07
Ben écoute, je suis vraiment désolé de te dominer . Je fais pas exprès. :)
23 novembre 2009
21:10
?
23 novembre 2009
21:21
Respect! C'est pas tous les jours qu'on cite Etienne sur un blog BD.
23 novembre 2009
21:29
Je ne suis pas sûr du tout d'avoir envie de voir le film d'un auteur qui ose écrire sur son blog "Inutile de préciser que l'instinct maternel n'a jamais existé et qu'il est une invention culturelle de l'après XVIIIème" en passant commodément à la trappe les deux derniers millions d'années d'histoire des primates en particulier voire des mammifères en général. Et encore, je pourrais remonter nettement plus loin.
Mais il doit faire partie de ce groupe, hommes et femmes confondus, qui nie l'animalité qui est en nous. Elle est parfois positive, parfois outrageusement négative, mais c'est comme ça, nous sommes des animaux (et certains plus que d'autres hein ?).
Quelque soit la justesse de son propos et la violence des attaques subies par cette personne en raison de son film ou ses prises de position, et je viens de passer un moment à lire son blog et plein d'autres trucs, il se déconsidère franchement par certains propos de son blog.
Lire ou relire "Le Singe Nu" de Desmond Morris est toujours une bonne chose quand on cherche à comprendre l'être humain.
23 novembre 2009
21:34
Je passe mon tour, je me sens pas concerné :p
Ps : Quel regard sur le dessin ! Très bien réalisé.
23 novembre 2009
21:42
Le discours de la servitude volontaire de La Boétie est un texte qui pose la question de la légitimité d'une autorité sur une population, quelle qu'elle soit. La citation que j'ai choisie ici incrimine une dynamique politique et sociale, et surtout, les deux parties, le tyran soumettant le serf autant que le serf se soumettant volontairement au tyran... Les tyrans sont les règles, à genoux sont ceux qui les servent, hommes ou femmes.
Daniel : Le Singe Nu, je l'ai lu, c'est un essai intéressant. Mais les arguments se fondant sur l'animalité et des règles biologiques naturelles pour légitimer un comportement humain ou toute forme d'oppression d'une communauté sur une autre sont à la base même du discours masculiniste... et à la base des théories racistes d'ailleurs. Consternant.
23 novembre 2009
21:54
Hop un décolleté ! :) Je prend note en tout cas pour le film, je ne sais pas quoi voir en ce moment...
23 novembre 2009
22:50
Aux gars qui se sentent attaqués, notamment le fort désagréable brotch : le film et le féminisme en général dénoncent un système fondé sur la domination des hommes par les femmes. Il ne dit pas "les hommes sont tous des salauds". Beaucoup d'hommes applaudissent devant la lutte féministe parce qu'ils la trouvent juste, et eux ne se sentent pas visés pour la simple raison qu'ils ne se reconnaissent pas dans les comportements misogynes et dominateurs. Si vous vous sentez visés, interrogez-vous.
23 novembre 2009
23:17
Mazette ces cheveux... Cette fourrure sur la capuche... C'est beau. :')
Sinon pour me centrer sur le sujet. Je pense que le thème est biaisé.
Oui il y a un certain problème de sexisme dans pas mal de cas. Est-ce normal qu'une jeune fille ne puisse se promener dans la rue seule alors qu'un garçon n'aurait pas de problème? non.
Est-ce normal que la plupart des tâches ménagères soient assurées par la femme? Pas forcément non plus.
Doit-on y voir pour autant une "Domination" ? Le mot est fort quand même. Il ne s'emploie pas à la légère... Et ce n'est pas parce que certaines de nos élites ne savent plus parler que nous devons en faire autant.
D'ailleurs, cette "domination" est-elle exclusivement anti-féminine?
Si il y a une tentative de réponse à ces questions en parallèle du thème principal, alors il est certain que j'irais voir ce film. Malheureusement j'en doute fort... :-/ (pas de voir le film, mais plutôt qu'ils essayent de répondre aux questions)
D'après ce que j'en vois au dessus vous parlez tout autant de la domination élite / peuple que homme /femme. Pourtant n'est-ce pas deux dominations différentes? De même, pourquoi ne pas aborder dans ce cas la domination groupe / individu?
Il n'y a rien d'agressif là dedans rassurez vous. J'aimerais juste pointer du doigt quelques incohérences.
Sinon je suis ouvert au débat sur ce sujet, ma foi très intéressant. :)
24 novembre 2009
00:03
Mais attendez... j'ai raté un truc ou c'est justement le groupe dominant (vous savez mâle/blanc/éduqué/cadre supérieur/etc..) dans ce pays qui domine... précisément parce qu'il est le plus fort. C'est dans la nature animal de chercher a dominer. Connaissez-vous une personne qui ne le souhaite?
Or donc en écho aux propos de Daniel et en réponse à Esther je dirais qu'il n'est pas question de légitimer quoique ce soit en signalant l'origine d'un comportement. Juste de le comprendre. Penser que l'humanité s'affranchira un jour de se qui la compose... belle utopie.
Au moins nous savons pourquoi nous sommes misanthropes.
24 novembre 2009
00:37
Daniel > Heu... Pourtant, c'est un fait : jadis, les femmes fortunées n'avaient aucune gène à laisser des nourrices élever leurs enfants, et plus généralement, le taux de mortalité infantile ne laissait guère de place aux sentiments.
Et s'il est vrai que les humains (contrairement aux autres espèces) ont tendance à s'extasier devant les bébés, tous les bébés, même d'autres espèces, ce n'est absolument pas spécifique au genre féminin...
24 novembre 2009
01:02
Merci de signaler ce film, je suis curieux de le voir.
Le sujet est fort, je viens d’une famille de macho, je une petite idée de ce que ça peu donner.
C’est idiot ce que je dis, on voit tous, tous les jours ce que ça donne…
Malheureusement.
Je ne saurais trop en parler, juste faire changer les choses au quotidien.
C’est un truc bête le quotidien, pourtant c’est souvent lui qui gagne.
24 novembre 2009
07:08
>Mackwic
La domination est un concept en sociologie, en fait il est étudié depuis pratiquement l'origine de cette discipline. Mais peut-être les sociologues ne savent ni parler, ni écrire :)
Dominations différentes, peut-être, c'est pour cela qu'il y a un qualificatif : "masculine".
> Daniel Glazman
S'intéresser à la primatologie pour éclairer certains comportements humains, pourquoi pas. Mais il ne faut pas oublier que chez les primates on peut trouver des dispositions fort différentes quant à cet "instinct maternel" de même que des disposition du géniteur à s'investir dans le soin apporté aux petits.
Quelle part occupe "notre animalité instinctive" dans nos comportement, et surtout, nos choix ? Car l'être humain, avec un cortex bien développé, avec ses capacités d'inhibition, de représentation, de recul par rapport à ses actions peut réfléchir sur cet "instinct". A moins de le voir comme une réalité biologique indépassable (alors même qu'on trouve très naturel de s'affranchir du "biologique" dans d'autres domaines, ne serait-ce qu'en prenant un médicament quand on est malade).
Le recours à des considérations sur l'animalité, le sauvage, ou même notre évolution humaine (ha cette meute des cavernes menée par un homme bien fort et bien viril !) me laisse perplexe. J'y vois plutôt une vision fantasmée d'un lieu où l'homme moderne, un brin frustré, retrouverait sa pleine puissance de mâle. Ne pas oublier que les représentations que l'on a de cette "animalité" cadre bien souvent avec notre système de représentation dominant.
Je trouve hautement informatif de voir comment se comportent d'autres humains pour tirer des conclusions sur l'humain, plutôt que m'inspirer de mes amis à fourrure (sans rejeter cette approche non plus). Il m'est plus facile d'accepter les conclusions de l'anthropologie, la psychologie, la sociologie, que des extrapolations éthologiques. En voyant des femmes taïwanaises se séparer sans difficulté aucune de leur progéniture (féminine d'ailleurs :) ), la remise en cause de "l'instinct maternel" me semble tout à fait envisageable.
24 novembre 2009
07:53
C'est l'adaptation du livre de Pierre Bourdieu ou ils ont juste volé le titre? (de la part de femmes, ça m'étonnerais pas)
24 novembre 2009
08:17
Une bonne idée de sensibiliser tes lecteurs à la sortie de ce film. J'en entends parler depuis un moment, mais maintenant, je vais vraiment y penser...
La citation de la Boétie est fabuleuse, merci!
24 novembre 2009
09:00
c'est bizarre, moi j'avais surtout vu les yeux, et je n'ai découvert le décolleté qu'après avoir lu les commentaires; Suis-je un homme normal ?
24 novembre 2009
09:19
Si l'instinct maternel existe c'est quoi sa définition exacte? rester à la maison s'occuper des enfants? savoir mettre une couche de manière innée? savoir allaiter son bébé? faire la vaisselle?
La notion d'instinct maternel contribue à justifier une différenciation entre les hommes et les femmes qui cache une volonté plus ou moins affirmée de différencier leurs rôles respectifs au sein de la société, leurs prérogatives et par conséquent leurs droits.
24 novembre 2009
09:29
> Cercamon
J'ai du mal à cerner votre réponse. Est-elle agressive ou est-ce une simple boutade? Vous êtes sociologue?
Sinon je m'interrogeais justement de l'utilité d'étudier un phénomène local alors que peut-être que la source de ce phénomène se trouve ailleurs, dans les autres dominations que l'on peut rencontrer dans la société. Mais puisque nous en sommes à la domination strictement masculine, gardons la. :)
D'ailleurs, une domination d'un homme sur un ou plusieurs autres, c'est bien de la domination masculine aussi non?
Prenons un exemple courant. Dans un groupe de lycéen, les types de caractères sont très typés. Ceux qui ne rentrent pas dans ce moule sont exclu. Je vous fait pas l détail, tout le monde est passé par là. La domination masculine est certaine. Cependant, est-ce les (jeunes) hommes qui ont mis en place ce modèle? Rien n'est moins sûr... J'aurais envie de dire qu'il s'agit d'imitation mais je ne vois pas où est la source. Les séries américaines?
Que dit le sociologue de tout ça? :-p
HC > Vous devriez avoir honte! Étant donné le temps que passe esther sur chacun de ses dessins (œuvres ais-je failli dire), la moindre des choses est de savourer le moindre détail! ;-) (ceci, dit sans animosité aucune)
24 novembre 2009
09:30
J'ai quand même l'impression que les mentalités évoluent.
Les gars de ma génération (j'ai 25 ans) ne sont pas machos. Ou alors j'ai bien choisi. Ou on le devient en vieillissant.
Quand à l'éternelle histoire des tâches ménagères, ça a tendance à s'estomper. A mon avis ça vient du fait que durant quelques générations, l'Homme-Valeureux-et-Fort travaillait dur pour nourrir sa famille pendant que la femme restait à la maison pour s'occuper des gosses, faire à manger, s'occuper des tâches ménagère etc.
Rien de plus normal, puisqu'elle ne "travaillait" pas. ---> et les gens qui prétendent ça n'ont clairement jamais géré une maison, un repas et des enfants...
Bref, c'est un cas beaucoup moins courant de nos jours, les femmes gardent leur boulot, ce qui permet de gommer cette inégalité. Et de dispatcher les tâches ménagères.
24 novembre 2009
09:49
Y'a 30 ans de bouquins sur le sujet. Alors un film sûrement réducteur et qui ratisse large...
24 novembre 2009
09:54
> Ringard: Apparemment l'instinct maternel serait un amour immodéré pour sa progéniture.J'allais répondre différemment jusqu'à tomber sur ça:
http://www.mamanpourlavie.com/gross...
Rien en rapport avec la vaisselle donc ;-)
> giz404: Comme tu dis les mentalités évoluent.
Selon les âges il y aura surement plus ou moins de "machos". Mais je devine que par domination masculine les auteurs du films entendent aussi certains actes fait mécaniquement par des personnes qui se considèrent non-machos. Après il faut voir ce qu'ils entendent exactement par domination masculine comme j'ai dit plus haut. Et je pense que ça va plus loin que le simple machisme.
Tiens un exemple simple: les familles pratiquantes (quelque soit la religion), respectent les règles édictées par leurs dogmes. Et dans ces règles, une domination masculine est souvent de rigueur (plus ou moins prononcée ceci dit). Pourtant elles ne se considèrent pas comme machistes du tout! Je connais une jeune juive qui est persuadé que laisser son frère faire la vaisselle est dégradant pour toute la famille! (sa famille proche n'est pas pratiquante pourtant, juste sa grand mère)
Pour revenir à ce que vous disiez sur le travail des femmes, malheureusement pour ce que j'en vois il a plus tendance à s'ajouter sur la liste de choses à faire que de participer à une quelconque émancipation...
24 novembre 2009
10:20
Les féministes ont juste un siècle de retard mais on les aime bien quand même, surtout si elles sont sexy..
24 novembre 2009
10:27
@esther : Sublime illustration comme à votre habitude. J'aime particulièrement (le / votre) visage, surtout les cheveux, les yeux et les lunettes.
@brotch : Au risque d'être traité de "fort désagréable", j'oserai dire que vous résumez peu ou prou ma pensée. J'ai toujours été un peu (non, je mens... "beaucoup" est plus adapté) blessé par certains types de feminismes qui rendent les hommes responsables de tous les maux de la planète. Je ne connais ni le film ni le livre en question, donc ma remarque reste d'ordre général.
De plus, je dois bien avouer que je ne connais pas grand chose au mouvement féministe. Toutefois, je me demande parfois si certaines actions particulièrement agressives ne font pas plus de mal que de bien... Parfois j'ai l'impression que le feminisme occidental se résume à une revendication pour le pouvoir, l'argent, bref, pour la domination... en oubliant ce qu'il se passe en Afrique ou au Moyen-orient.
@Capitaine Flam : Je ne pense pas que les "machos" (un mot fourre-tout que j'utilise faute de mieux) se sentent très concernés. Ce sont au contraire les personnes les plus sensibles qui se sentent accusées et blessés. Pour peu qu'elles me ressemblent, elles finiront peu sûres d'elles-mêmes, timides, completement invisibles et portant sur leurs épaules la culpabilité d'être nées males...
Comme j'ai développé au fil des années un certaine cynisme, associé à un pessimisme de naissance, il m'arrive d'entrevoir un monde ou les hommes sensibles et fragiles seraient completement décimés de la planète. Ne resteraient alors que des brutes épaisses, caricatures parfaites du "macho"...
Mais, je vois, comme toujours, tout en noir...
@esther : Bonne continuation!
Atyde
24 novembre 2009
10:38
Beaucoup de résistance dans les commentaires, et je dois dire que je les partage. Je suis également convaincu qu'il faut se pencher du côté de mère nature pour expliquer (en grande partie) ce comportement de domination masculine. Comment se fait-il, par exemple, que la quasi-totalité des civilisations humaines soient ou aient été patriarcales, et ce sans s'influencer les une des autres à l'origine ? Peut être par ce que c'est en nous, dès le départ. L'origine du comportement est peut être bien codé au niveau biologique ; l'évolution des mœurs semble elle bien située au niveau sociologique.
Mais que l'on soit bien d'accord, comme le souligne kodama, je ne cherche pas à justifier ce comportement mais à réfléchir sur son origine. Je partage aussi l'avis de giz404 ; j'ai l'impression du haut de mes 26 ans que les choses évoluent, que le mythe de la femme qui fait la vaiselle pendant que le mari regarde le foot à la télé s'effrite. C'est encore le cas chez mes parents, certes, mais j'ai la conviction que ce masque tombe avec notre génération, et dans le sens où évolue les mentalités, ça ne sera plus qu'un vague souvenir chez la génération suivante. Un peu comme les discriminations envers les homosexuels d'ailleurs : je reste convaincu qu'elles seront marginales d'ici une génération. Du moins, j'espère ne pas me tromper. Par contre pour le racisme, je crains qu'une inertie latente n'arrange pas les choses aussi vite...
Mais là je divague grave. Je souhaite juste terminer par ceci : tu as l'air extrémement emballée par le film, mais c'est un peu risqué que de le conseiller sans retenu ainsi. Après tout, il ne sort que demain, donc il y a de bonnes chances que tu ne l'ai pas encore vu. Comment peux-tu être si sûr qu'il te plaira au point de le recommander ?
24 novembre 2009
10:48
>Mackwic
Ma réponse, agressive, certainement pas. Malicieuse, sûrement, je trouvais amusant de voir taxer d'approximation l'emploi du mot "domination" dans le titre d'un film qui reprend celui d'un livre d'un sociologue bien connu pour avoir travaillé sur la "domination".
"La domination d'un homme sur d'autres hommes n'est-elle pas de la domination masculine ?"
Question intéressante. Pour clarifier il faut comprendre qu'on désigne ainsi la domination d'un groupe social sur un autre. Donc si on dit "masculine" c'est en référence au sexe. Le fait est que certes un homme qui occupera une place de "chef" dominera d'autres hommes, mais par exemple on pourra constater que rares seront les cas où c'est une femme qui occupera ce rôle. Il y a donc quelque chose de spécifique qui tient au sexe. Certains mettent en cause le patriarcat, qui ne se cantonnerait pas effectivement à contraindre seulement les rapports entre les sexes, mais aussi des hommes entre eux.
Dire que la domination "masculine" est un phénomène seulement local et qu'il y a plus universel à s'occuper est une critique que j'ai déjà entendue. Tout de même, c'est un problème qui concerne les rapports entre la moitié de l'humanité et l'autre moitié, c'est assez vaste pour du "local". Pas négligeable, et surtout transversal : si on considère d'autres axes de domination (richesse, "race", savoir, etc.) on constate que les mêmes mécanismes de dominations entre hommes et femmes se retrouvent tant chez les riches que chez les pauvres par exemple. Ce n'est pas parce qu'on va - autre exemple - éliminer le racisme que l'inégalité entre hommes et femmes sera résolue également. En d'autres termes, les systèmes de domination ne sont pas colinéaires. Il y a donc quelque chose de très spécifique où l'intervention doit donc être non moins spécifique.
Alors bien sûr il faut être attentif. Par exemple, il y a des féministes pour qui le combat pour l'émancipation des femmes dépasse tout autre considération et toute autre lutte pour l'émancipation. En général c'est des féministes d'une classe sociale aisée qui tiennent ce discours. Tu as d'autres féministes (et cela, dès les premiers temps du féminisme) qui reprochent aux premières d'être des féministes "bourgeoises" et de défendre en fait leur position de femmes privilégiées, dont le point de vue ne correspond pas à la réalité des femmes d'une classe sociale moins aisée. Et là c'est vrai que ça devient compliqué.
Mais cela ne change rien aux faits et à la réalité de la domination masculine, s'en rendre compte, c'est juste le point de départ.
24 novembre 2009
12:34
Je ne connais pas bien les mouvements féministes occidentaux, même si je pense aussi que certaines féministes peuvent être parfois très agressives (et c'est un tort). Mais il reste quand même beaucoup à faire en Occident, même si les comportements évoluent. Quoi qu'on en dise, quand on regarde les statistiques (malheureusement, j'ai perdu la source, donc c'est à prendre tel quel), les femmes assument encore la majorité des tâches ménagères et de l'éducation des enfants, quand les pères s'impliquent, il s'agit davantage des activités récréatives ou stimulantes, telles que le jeu, la lecture, le bain, etc. Et les fameux plafonds de verres qui font que les femmes restent moins payées que les hommes à travail et expérience égales, ou qui empêchent les femmes d'accéder à l'avancement, sont des réalités.
Atyde > Pour ce qui est du Moyen-Orient, sachez que les femmes musulmanes savent très bien se défendre ;) On s'imagine souvent qu'elles sont soumises et craintives, à tort. Le féminisme musulman est un mouvement très intéressant, qui vise à la discussion avec les élites masculines plutôt qu'à la confrontation.
24 novembre 2009
12:43
Domination n'est pas tyrannie. La tyrannie, c'est la domination illégitime et imposée.
La servitude volontaire, c'est le principe même de la liberté : choisir ses contraintes, choisir ses maitres.
Il paraitrait même qu'on élise des représentants qui nous... gouvernent, que nos rapports d'autorité dans le travail sont... hiérarchisés, bref que même les hommes se soumettent entre eux pour organiser la société. Et que la plupart des femmes (même actives) continuent d'assumer les 3/4 des tâches ménagères et éducatives sans que personne ne leur mettent un pistolet sur la tempe.. Dingue !
24 novembre 2009
13:16
FG > J'imagine que tu conclus que "Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes".
Tu décris à la perfection la servitude volontaire, et cautionne entièrement le principe de hiérarchie impliquant la domination d'êtres humains par d'autres. Appeler ça de la liberté est un leurre, pour moi c'est une façon rassurante de se pardonner de ne pas avoir le courage d'être libre.
Je te renvoie au discours dont Esther a extrait la citation :
http://fr.wikisource.org/wiki/Disco...
En condensé et expliqué ici :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Discou...
24 novembre 2009
13:33
D'autant que, dans le concept de domination masculine selon Bourdieu, un mécanisme essentiel de la domination est simplement l'intégration par le groupe dominé des valeurs du groupe dominant. Ainsi, la domination devient invisible, naturelle.
Il n'y a aucun choix ou réel consentement là dedans vu que le choix n'apparait précisément pas : ainsi sont les choses.
24 novembre 2009
13:51
@Capitaine flam
T'as pas l'air de réaliser qu'on vit dans un état de droit qui se soumet à un certains nombre de normes hiérarchisées et votées par le parlement, c'est à dire... toi, entre autre.
Et à l'échelle individuelle, tu te soumets à ta propre morale qui t'impose en toute conscience un certain nombre de choix.
Par exemple j'imagine que tu dis bonjour aux personnes que tu ne connais pas, que tu t'efforces de ne pas te laisser aller à des préjugés, que tu essayes de te comporter de manière réfléchie et sensée. Le tout, même quand tu n'as que le désir d'envoyer chier tout le monde parce que tu t'es levé du pied gauche.
Bref tu n'es pas un animal qui se laisse aller à des pulsions arbitraires.
Quant à La Boétie, il serait bien de remettre son texte dans le contexte de l'histoire de son temps.
24 novembre 2009
13:59
Pour ma part l'égalité homme/femme est une chimère! Hommes et femmes sont si différents, il n'y a peut-être que des différences, que parler d'égalité est une grosse erreur de langage!! Prôner l'équivalence, dans le monde professionnel par exemple, serait plus juste, pour le reste chercher la complémentarité de l'un envers l'autre!!!
Pour mon vécu, je suis père au foyer depuis deux ans. Les enfants et le ménage c'est pour moi, et pour beaucoup d'hommes, les vrais les durs, je suis une gonzesse (ou un branleur), ce qui est injuste vu comme la tache est ardue!! Sur ce, je reste passif face à ce combat parce que pas du tout concerné et mes enfants grandiront dans cet état d'esprit!! C'est toujours ça...
24 novembre 2009
14:00
@Cercamon
Oui, c'est ce que N.C. Mathieu appelle la "conscience dominée". Concept fumeux qui nie le libre arbitre et qui permet de déresponsabiliser ceux qui en sont victimes (les femmes avant tout, mais les hommes de même).
On ne comprend pas alors comment certains parviennent à y échapper alors même que la domination est systémique. Mais c'est pas grave, ça permet de rejeter toute la responsabilité sur le "dominant" sans interroger l'essence même de la domination.
24 novembre 2009
14:14
FG > il n'y a pas de servitude à se conformer à sa propre morale, à ses valeurs et à ses principes. C'est tout le contraire. Si tu mets le libre-arbitre et les lois sur le même plan, tu t'égares.
24 novembre 2009
14:19
Si on ne comprends pas comme "certains" peuvent y échapper, c'est qu'on a rien compris à ce qu'est la sociologie et quelle est sa perspective.
La sociologie ne saurait parler de "certains", à moins de parler de la classe des certains :) La psychologie le pourrait, à la rigueur.
Il n'est pas question de déresponsabiliser ou pas, il est question là d'expliciter un mécanisme social, voire psycho-social, la responsabilité c'est autre chose.
L'idée n'est pas de rejeter le libre arbitre, mais celui-ci n'apparait pas deus ex machina. Il s'exprime dans un environnement qui a ses contraintes, qui portent notamment sur l'individu.
Ignorer ces mécanismes, c'est au contraire limiter ses capacités d'action, d'intervention, d'exercice du libre arbitre.
24 novembre 2009
14:29
@Capitaine Flam.
J'ai peur que le sujet te passe (loin) au dessus.
Explique moi donc ce qui t'empêche parfois de faire ce que tu veux ? Comme insulter ou mettre ton poing à la gueule de qqun si ce n'est que tu te soumets à un certain nombre de principes.
Il arrive même que tu fasses passer le bien commun avant ta morale individuelle. Par exemple défendre le droit à l'avortement tout en étant opposer à l'avortement.
Tu soumets alors ta morale individuelle à une norme que tu estimes, en toute conscience, supérieure.
Tu agis dans un système de valeurs hiérarchisées. Tu choisis tes lois, tu choisis tes maitres, tu es un homme libre. En tout cas, tu essayes.
Le libre arbitre c'est pas chier dans les bégonias c'est choisir sa ligne de conduite avec les règles afférentes.
24 novembre 2009
14:52
FG > Tu me fatigues à me prendre pour un imbécile et c'est la dernière fois que je te réponds. En tant qu'être humain libre, j'ai du jugement et de la compassion, la conscience de moi-même et d'autrui, ce qui me permet de faire suffisamment la différence entre le bien et le mal pour me retenir de frapper mes petits camarades sans que quoi que ce soit de supérieur ou d'extérieur me l'impose. Si je prends autrui en compte, c'est toujours ma liberté qui s'exerce.
Agir selon ses pulsions sans réfléchir, cela revient à agir comme un animal. Cela n'a rien à voir avec la liberté puisque le libre-arbitre nous distingue de l'animal.
Je pense que tu es passé à côté de la question de servitude volontaire dès le départ, qui concerne bien la soumission à un ou des êtres humains, et non à des valeurs.
24 novembre 2009
15:05
@ Je n'ignore pas la force du système et la domination masculine (c'est un fait). Mais je n'accorde pas la même 'importance à cette domination systémique à laquelle seuls 3 initiés, du très haut de leur chaire universitaire, parviendraient à échapper mais pas le vulgum pecus.
Et bien entendu que cette petite inquisition cherche finalement à désigner les coupables qui sont les dominants. Je te renvois à NC Mathieu qui développe son idée de conscience dominée en réaction au dominant "qui rejette, de fait, une fois de plus, la culpabilité sur l'opprimée". Il apparait clairement que l'opprimée ne peut pas, à ses yeux, être responsable même en partie de sa condition, en posant d'emblée, par la grâce du saint système, qu'elle est dominée à son insu et qu'elle ne peut échapper à son destin.
Logique qui conduit tout naturellement aux politiques de compensations avec les quotas. C'est dingue de voir ça alors qu'en France les femmes partagent exactement les mêmes droits que les hommes..
Tu ne vois pas à quel point cette histoire de domination systémique se mort la queue. On reproche un sexualisation systémisée des rôles sociaux via l'éducation (les tites filles en rose, infirmière, compatissante et sages d'un coté et les tis garçons en bleus, actifs et pulsionnels de l'autre). Or qui s'occupe de l'éducation des bambins ? Les femmes...
Non seulement, elles sont incapables de refuser la quasi intégralité de la charge du travail ménager et éducatif mais en plus, quand elles l'acceptent, elles perpétuent le modèle aliénant. C'est à se flinguer franchement.
"C'est parce que leur conscience est dominée" qu'on nous dit, c'est pas de leur faute, c'est un peu des enfants quoi, elles se rendent pas compte ! Elles sont trop opprimées !
Va dire aux birmans ou aux zimbabwéens que nos femmes sont opprimées. Ca les fera marrer un coup.
24 novembre 2009
15:10
Mais ouiii, il est évident que seules des femmes peuvent élever des enfants car, elles seules possède l'instinct maternelle, celui de la louve qui prend soin de ses petits, ou de la femelle hippopotame qui tue des crocodiles pour protéger sa progéniture.
Il est donc normal que ça continue comme ça. Surtout que, c'est bien connu, toutes, vraiment toutes les femmes ont ça dans le sang... puisqu'on vous le dit. http://failblog.org/2009/11/24/pare...
24 novembre 2009
15:17
FG, chapeau ! Réussir à se masturber tout en écrivant un tel tas de conneries, ça relève de l'exploit.
24 novembre 2009
15:27
@ capitaine flam : "Je pense que tu es passé à côté de la question de servitude volontaire dès le départ, qui concerne bien la soumission à un ou des êtres humains, et non à des valeurs."
Dans une démocratie les deux sont liées.
Dans une démocratie, tu te soumets librement à des êtres humains tous les jours au nom de valeurs que tu partages (avec ces mêmes êtres humains) et défends en toute conscience. Par exemple, tu te soumets à l'autorité de tes profs à l'université, tu te soumets à leur pouvoir de te sanctionner. Sanction qui peut se solder par un redoublement que j'imagine tu ne désires pas, mais tu t'y soumets parce que tu acceptes les valeurs de la méritocratie.
Dans un système fasciste ta soumission n'est pas volontaire, elle t'es imposée au nom de valeurs auxquelles tu n'accordes aucune légitimité. Là est toute la différence.
Il paraitrait que la France n'est pas une dictature.
Effectivement, ne me réponds pas. Réfléchis, juste.
24 novembre 2009
15:32
@ abitbol
Tes arguments viennent de me clouer sur place. Merci de ta participation. Tu peux maintenant aller lâcher ta petite crotte sur un autre blog.
24 novembre 2009
15:35
> Cercamon
<< je trouvais amusant de voir taxer d'approximation l'emploi du mot "domination" dans le titre d'un film qui reprend celui d'un livre d'un sociologue bien connu pour avoir travaillé sur la "domination". >>
Certes. Expliqué ainsi je comprends mieux. Je pense que ça vient plutôt du fait que nous n'avons pas les mêmes lectures. ;-)
Personnellement ce que j'ai lu se rapprochant le plus de la sociologie devaient être les écrits de Hari Seldon... Psychohistoire... Fondation... Asimov.
Non, plus sérieusement j'ai bien lu du Meirieux mais ce n'est pas le sujet abordé en général. Tout le monde n'as pas la chance d'avoir fait des études en sociologie quand même!
A moins que vous n'acceptiez une certaine domination des sociologues par rapport au commun des mortels dans le débat?
Enfin je m'égare...
Ce que vous développez sur les systèmes de domination non colinéaires est très intéressant. Vous dites aussi qu'on retrouve globalement les mêmes systèmes de domination. Quels sont-ils? Pourriez vous nous indiquer des ressources?
Tiens et puisque le terme domination est si précis, je me demande aussi comment vous appelleriez le fait d'élire un (groupe de) chef(s) tout simplement parce qu'il faut une hiérarchie, aussi simple soit-elle?
Est-ce une soumission? Ou au contraire, une volonté de construire quelque chose en commun qui ne peut se faire qu'avec des dirigés et des dirigeants? (rien de politique là dedans)
FG > Je ne suis clairement pas d'accord avec vous. Dans le cadre d'une démocratie *bien faite*, en quoi est-ce de la soumission? Les représentants sont l'émanation du peuple. Ca ne va pas plus loin. (normalement)
Peut-être devriez vous définir ce qu'est la soumission pour vois. Ca devrait clarifier les choses. ;-)
24 novembre 2009
15:43
>FG
Bien sûr c'est à se flinguer !
Mais si une telle situation arrive à se perpétuer avec la coopération de tous, parvenue à un équilibre, c'est bien parce que c'est bloqué, et limite inextricable (de ce point de vue).
Il n'est pas question de chercher un(e) "coupable", mais je le répète de décrire un mécanisme. De même tu opères à un glissement sémantique vers "l'oppression". La domination ici et là-bas n'est pas la même, mais il y a des mécanismes commun que l'on peut mettre à jour.
Il n'a jamais été dit que les universitaires y échappaient, et était les seuls capables d'y échapper. Leur job c'est juste d'expliciter, de formuler ces mécanismes. C'est tout.
Heureusement, la pratique (subversive) n'a pas besoin de s'embarrasser d'autant de blabla. Et nul a prétendu l'inverse.
>Mackwick
Le capital culturel est un autre axe de domination ;)
Bé je vous conseille de faire un tour sur wikipédia, doit y avoir des ressources...
Et je ne suis pas (tout à fait) sociologue ;)
24 novembre 2009
16:07
@Mackwic : Je copie-colle d'un manuel d'introduction au droit.
"La loi est impérative parce que l'autorité publique impose l'observance par la contrainte si elle n'est pas exercée spontanément. A ce titre, elle revêt un caractère coercitif"
(Le lien avec le mot soumission me parait évident.)
Ce principe de la loi n'est pas incompatible avec la démocratie si le peuple reconnait la légitimité de cette loi.
Je continue le cp/cl
"Comme tous les grands pays démocratique, la France est un Etat de droit. La puissance publique -l'Etat, l'administration et les juges- comme les justiciables sont SOUMIS FORMELLEMENT à l'empire de la Règle de droit, renfermés dans l'ordre juridique. Au contraire, la devise classique de l'absolutisme, qui connut un gd succès auprès des penseurs du 16 s. voulait que le Prince fût délié du respect des lois"
24 novembre 2009
16:28
Ce qui est surtout marrant chez FG, c'est qu'il arrive à lire la citation qui, placée dans le contexte où je l'ai mise, dit en clair : "Celles qui sont soumises le sont souvent volontairement, et participent par ce fait à la dynamique de domination masculine qui les opprime", et à répondre : "Mais non ! C'est faux elles se soumettent volontairement !"
Ben oui, t'es bête ou quoi ? C'est ce que je montre du doigt !
24 novembre 2009
17:02
Concernant le site web du film donné en fin d'article... quelle clairvoyance, quelle objectivité. J'avais eu peur de tomber sur de la propagande ultragynocrate mais heureusement il n'en est rien.
Heureusement qu'on a Patrick Jean pour nous informer que les masculinistes soutiennent la violence conjugale et la pédophilie (entre autres bien entendu). Je viens d'apprendre que les soi-disant fausses allégations d'abus sexuel sont des inventions machistes; fichtre, moi qui pensais en avoir assez lu et entendu sur le sujet pour soupçonner un fond de vérité là-dessus.
Bon sans rire, Esther j'admire énormément ton style, j'ai ressorti le crayon après presque 4 ans après être tombé sur la Lanterne. Je suis juste amer de découvrir que tu donnes là-dedans.
Veng.
24 novembre 2009
17:11
il parait qu'il est très bien en effet... je vais tenter d'y trainer l'Homme ^-^
sinon j'irais seule !!
24 novembre 2009
17:35
Veng : Moins amer que moi devant ta bêtise. Est-il stupide de dénoncer l'extrémisme flagrant dans les propos de ces masculinistes ? Est-ce que lorsqu'on dénonce le racisme en France, on dénonce tous les blancs ? Faut-il arrêter de dénoncer les agissements du Ku Klux Klan parce que la communauté noire américaine a obtenu l'égalité des droits ?
Je n'ai pas fait le film, je suggère seulement d'aller le voir. Je pense que voir ce genre de travail demeure plus constructif que d'inviter mes lecteurs à aller voir 2012, ne t'en déplaise.